Le bilan de compétences est une démarche profondément personnelle et introspective. Son succès ne dépend pas uniquement des outils utilisés ou de la rigueur de la méthode, mais repose de manière cruciale sur la qualité de la relation humaine qui se tisse entre le bénéficiaire et son consultant. Cette relation, appelée "alliance de travail", est un facteur déterminant de l'efficacité et de l'aboutissement de votre projet professionnel. Elle se fonde sur la confiance, des objectifs clairs et un engagement mutuel, créant un cadre sécurisant indispensable à l'exploration de soi.
Qu'est-ce que l'alliance de travail ? Définition et composantes
Le concept d'alliance de travail (ou "working alliance") est initialement issu du champ de la psychothérapie, notamment des travaux d'Edward Bordin en 1979. Il désigne la qualité de la relation collaborative entre un professionnel et son client. Transposée au bilan de compétences, cette alliance est le moteur qui permet de transformer une simple prestation de service en une véritable collaboration fructueuse. Selon Bordin, elle repose sur trois piliers indissociables :
- L'accord sur les buts (Goals) : Le consultant et le bénéficiaire doivent partager une vision commune des objectifs à atteindre. Il ne s'agit pas pour le consultant d'imposer une direction, mais bien de s'engager dans une co-construction des objectifs du bilan, en s'assurant qu'ils soient réalistes, pertinents et en adéquation avec les aspirations du bénéficiaire.
- L'accord sur les tâches (Tasks) : Il est essentiel que les deux parties s'entendent sur les moyens et les activités à mettre en œuvre pour atteindre les buts fixés. Cela inclut les tests, les entretiens, les recherches documentaires ou les enquêtes métier. Le bénéficiaire doit comprendre l'utilité de chaque tâche et y adhérer pleinement.
- Le lien affectif (Bond) : C'est la dimension la plus humaine de l'alliance. Elle se caractérise par un sentiment de confiance, de respect et d'appréciation mutuels. Ce lien positif crée un climat de sécurité psychologique où le bénéficiaire se sent libre d'exprimer ses doutes, ses craintes et ses ambitions sans crainte d'être jugé.
Pourquoi cette alliance est-elle cruciale pour la réussite du bilan ?
Une alliance de travail solide est bien plus qu'un simple confort relationnel ; elle est un levier de performance pour la démarche. Elle permet de :
- Favoriser une communication transparente : Un climat de confiance incite le bénéficiaire à être plus honnête et ouvert, partageant des informations essentielles sur son parcours, ses motivations profondes et ses freins.
- Créer un espace d'exploration sécurisé : Le bilan de compétences peut amener à se questionner, à être vulnérable. L'alliance offre le cadre sécurisant nécessaire pour oser explorer de nouvelles pistes et sortir de sa zone de confort.
- Renforcer l'engagement et la motivation : Lorsqu'un bénéficiaire se sent compris, soutenu et en confiance, son implication dans la démarche est décuplée. Il devient acteur de son bilan plutôt que simple consommateur d'un service.
- Garantir une personnalisation réelle : Grâce à une bonne alliance, le consultant peut ajuster sa méthode et ses outils au plus près des besoins spécifiques de la personne qu'il accompagne, assurant ainsi un bilan véritablement sur mesure.
Comment établir et entretenir une alliance de travail efficace ?
L'alliance de travail est une co-responsabilité. Elle se construit et s'entretient tout au long du bilan de compétences, grâce aux efforts conjoints du consultant et du bénéficiaire.
Le rôle du consultant
Le professionnel joue un rôle de facilitateur. Il doit faire preuve de qualités humaines fondamentales comme l'empathie (capacité à comprendre le point de vue de l'autre), l'écoute active et une attitude de non-jugement. La clarté, la transparence sur la méthode et la régularité des points d'étape sont également des facteurs clés pour bâtir la confiance.
Le rôle du bénéficiaire
Pour que l'alliance fonctionne, le bénéficiaire doit également s'investir. Cela passe par une participation active aux séances, la réalisation des tâches inter-séances avec sérieux, et surtout, la capacité à exprimer ses ressentis, ses doutes ou ses désaccords. Un feedback constructif permet au consultant d'ajuster sa posture et de renforcer la collaboration.
Choisir le bon consultant : le premier pas vers une alliance réussie
La formation de l'alliance commence avant même le début du bilan, dès le choix de l'organisme et du consultant. Il est primordial de se sentir à l'aise avec le professionnel qui vous accompagnera. La plupart des structures proposent un premier entretien d'information gratuit. Profitez de ce moment pour évaluer si le contact est fluide et si la méthode proposée vous correspond. Des organismes comme Excellart, par exemple, mettent un point d'honneur à ce que le courant passe dès les premiers instants, en proposant un entretien découverte sans engagement pour valider cette adéquation essentielle.
Et si l'alliance ne se crée pas ?
Il peut arriver que, malgré les bonnes volontés de chacun, la connexion ne se fasse pas. Il est important de ne pas laisser un malaise s'installer. La première étape est d'en parler ouvertement avec votre consultant. Si le dialogue ne suffit pas, il est souvent possible de demander à changer d'interlocuteur au sein du même organisme. L'essentiel est de ne pas abandonner la démarche mais plutôt de chercher à rétablir des conditions favorables à sa réussite, par exemple en revenant à des bases solides, comme la définition d'objectifs clairs et mesurables pour se recentrer sur le projet.