Engager une démarche de bilan de compétences est une décision importante pour sa carrière. Une question centrale se pose alors : faut-il le réaliser sur ou en dehors de son temps de travail ? Opter pour un bilan hors temps de travail est une modalité qui offre une confidentialité totale et une grande flexibilité. Cette option ne nécessite aucune autorisation de la part de l'employeur et est principalement financée par le Compte Personnel de Formation (CPF). Cet article détaille les règles, les avantages et les modalités de financement de cette approche discrète et autonome.
Quelles sont les règles d'un bilan de compétences hors temps de travail ?
La réalisation d'un bilan de compétences en dehors des heures de travail obéit à un cadre légal précis, conçu pour protéger le salarié et garantir l'autonomie de sa démarche. La règle fondamentale est l'absence d'implication de l'employeur.
Éligibilité et conditions
Tout actif, qu'il soit salarié du secteur privé, demandeur d'emploi ou agent du secteur public, peut prétendre à un bilan de compétences. La démarche étant personnelle, elle n'est soumise à aucune condition d'ancienneté ou type de contrat de travail lorsque réalisée hors temps de travail. La seule condition est de disposer de droits suffisants sur son Compte Personnel de Formation (CPF) pour couvrir le coût de la prestation, ou de la financer par d'autres moyens.
La démarche à suivre
La procédure est entièrement gérée par le bénéficiaire, de manière indépendante :
- Choix de l'organisme : Le salarié choisit librement un centre de bilan de compétences certifié Qualiopi.
- Mobilisation du CPF : La demande de financement s'effectue directement via la plateforme Mon Compte Formation. Le salarié crée son dossier et mobilise ses droits en toute autonomie.
- Absence d'autorisation : Aucune demande d'autorisation d'absence n'est nécessaire, puisque le bilan se déroule sur le temps personnel du salarié (soir, week-end, congés).
L'ensemble de ces étapes se fait sans que l'employeur en soit notifié, assurant une discrétion absolue.
Les avantages principaux de cette modalité
Choisir de faire son bilan en dehors du cadre professionnel présente des bénéfices significatifs, qui expliquent pourquoi de nombreux actifs privilégient cette option. Le choix entre les deux modalités dépendra toujours des priorités personnelles, qu'il s'agisse de faire son bilan sur ou hors de son temps de travail.
Confidentialité absolue
L'avantage majeur est la confidentialité. L'employeur n'étant ni informé ni sollicité, le salarié peut explorer ses pistes d'évolution, de reconversion ou de formation en toute sérénité, sans craindre de jugement ou de questionnement sur sa motivation au sein de l'entreprise. La question de savoir s'il est judicieux d'informer son employeur ne se pose donc pas en termes d'obligation, mais relève d'un choix stratégique personnel.
Flexibilité de l'organisation
Le bilan de compétences hors temps de travail s'adapte à l'emploi du temps du bénéficiaire. Les rendez-vous avec le consultant peuvent être planifiés le soir, le samedi ou pendant des jours de congé. Cette souplesse permet de ne pas perturber son activité professionnelle et de concilier plus facilement vie personnelle et projet de carrière.
Maintien intégral du salaire
Puisque le bilan est effectué sur le temps personnel, la question de la rémunération ne se pose pas : le salaire est maintenu à 100% par l'employeur, car l'activité professionnelle n'est pas interrompue. Ceci offre une alternative claire au bilan réalisé durant les heures de travail, pour lequel des dispositions spécifiques doivent être prises pour garantir le maintien du salaire.
Comment financer son bilan de compétences hors temps de travail ?
Le financement est un aspect crucial de la démarche. L'autonomie offerte par le bilan hors temps de travail se retrouve également dans ses modalités de financement.
Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Le CPF est le principal dispositif de financement pour un bilan de compétences réalisé hors temps de travail. Chaque actif cumule des droits à la formation (en euros) tout au long de sa carrière, qu'il peut mobiliser librement pour des actions de formation certifiantes, y compris le bilan de compétences. Comme le stipule le portail Service-Public.fr, l'utilisation du CPF pour un bilan hors temps de travail ne requiert pas l'accord de l'employeur.
Autres financements possibles
Si les droits CPF sont insuffisants pour couvrir la totalité du coût, plusieurs options existent :
- L'autofinancement : Le bénéficiaire peut choisir de compléter la somme avec ses fonds propres.
- Aides régionales ou Pôle Emploi : Pour les demandeurs d'emploi, des aides spécifiques peuvent être sollicitées pour abonder le CPF.
Il est conseillé de se renseigner directement auprès de l'organisme de bilan choisi pour explorer toutes les solutions de financement adaptées à sa situation.