Faire financer son bilan de compétences par son employeur est une démarche qui nécessite une préparation minutieuse. La clé du succès réside dans la capacité à présenter cette demande non pas comme une dépense, mais comme un investissement stratégique mutuellement bénéfique. Il s'agit de démontrer comment l'analyse de vos compétences, motivations et aptitudes peut s'aligner sur les objectifs de l'entreprise. Les principaux arguments reposent sur le renforcement de la performance, l'amélioration de la motivation, la fidélisation des talents et une meilleure anticipation des besoins futurs en compétences. La mobilisation du plan de développement des compétences de l'entreprise est souvent la voie de financement la plus pertinente pour ce type de projet.
Le cadre du financement par l'employeur : le Plan de Développement des Compétences
Contrairement au Compte Personnel de Formation (CPF) qui est à l'initiative exclusive du salarié, le financement d'un bilan de compétences par l'entreprise s'inscrit le plus souvent dans le cadre du Plan de Développement des Compétences. Ce dispositif, défini par l'employeur, regroupe l'ensemble des actions de formation visant à assurer l'adaptation des salariés à leur poste de travail et le maintien de leur capacité à occuper un emploi. Selon le Code du Travail (Article L6321-1), l'employeur a l'obligation d'assurer cette adaptation. Présenter le bilan de compétences comme une action préventive permettant d'identifier les besoins en formation futurs est donc un angle d'approche très pertinent.
Construire un argumentaire gagnant-gagnant
Pour convaincre votre Direction des Ressources Humaines, votre argumentation doit être centrée sur les bénéfices concrets pour l'organisation. L'objectif est de montrer que votre développement professionnel sert directement les intérêts de l'entreprise.
Argument 1 : Un investissement direct dans la performance
Un bilan de compétences permet de faire le point sur vos atouts et axes d'amélioration. En identifiant clairement vos compétences transférables et celles à développer, vous pouvez construire un projet d'évolution en phase avec les besoins stratégiques de l'entreprise. Mettez en avant comment un meilleur alignement de votre poste avec vos talents naturels augmentera votre efficacité, votre proactivité et, in fine, la performance collective.
Argument 2 : Un levier de motivation et de fidélisation
Un salarié qui se sent écouté et soutenu dans son projet professionnel est un salarié plus engagé. En acceptant de financer votre bilan, l'entreprise envoie un signal fort : elle investit en vous et croit en votre potentiel. Cet investissement est un facteur puissant de motivation et de fidélisation, réduisant ainsi les coûts liés au turnover et au recrutement externe.
Argument 3 : Un outil d'anticipation et de gestion des carrières
Dans un environnement économique en mutation constante, l'anticipation des besoins en compétences est un enjeu majeur. Le bilan est un outil de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC). Il peut révéler des aptitudes insoupçonnées, utiles pour de futures mobilités internes ou pour s'adapter à de nouvelles technologies ou de nouveaux marchés. C'est une démarche proactive pour sécuriser à la fois votre parcours et les ressources de l'entreprise.
Préparer sa démarche de manière structurée
Une demande bien préparée augmente considérablement vos chances de succès. Il ne suffit pas d'avoir de bons arguments, il faut savoir les présenter de manière professionnelle.
La demande écrite : une étape formelle essentielle
Avant tout entretien, il est recommandé de formaliser votre projet. Une communication claire et structurée démontre votre sérieux et votre motivation. Savoir comment rédiger un courrier adéquat pour solliciter un bilan de compétences est un prérequis qui facilitera grandement vos échanges futurs avec votre hiérarchie ou le service RH.
Le choix de l'organisme, un gage de qualité
La crédibilité de votre demande repose aussi sur le choix de l'organisme prestataire. Il est impératif de sélectionner un centre certifié Qualiopi, une certification qui atteste de la qualité du processus mis en œuvre. La méthodologie employée est également un critère décisif. Certains organismes proposent des approches uniques et éprouvées qui garantissent un accompagnement personnalisé et approfondi. Pour valider la pertinence de la démarche et l'adéquation avec vos objectifs, il peut être judicieux de solliciter un premier entretien découverte avec un conseiller spécialisé.
L'entretien avec le DRH : être clair et concret
Lors de l'échange avec votre manager ou le DRH, soyez prêt à :
- Présenter votre projet : Expliquez pourquoi vous faites cette démarche maintenant.
- Exposer vos arguments : Reprenez les points clés de l'argumentaire gagnant-gagnant.
- Discuter des modalités : Ayez une idée du coût, de la durée, et de l'organisme que vous avez présélectionné.
- Définir les suites : Proposez un plan d'action post-bilan, montrant comment vous restituerez les enseignements de manière constructive pour l'entreprise.
En conclusion, convaincre son DRH n'est pas une confrontation mais une négociation constructive. En adoptant une posture professionnelle, en préparant un argumentaire solide centré sur les bénéfices pour l'entreprise et en structurant votre démarche, vous transformez votre projet de développement personnel en une opportunité de croissance partagée.