Face à une période de doute, de questionnement ou de mal-être au travail, il est courant d'envisager différentes formes d'accompagnement. Parmi elles, le bilan de compétences et la thérapie sont souvent mentionnés, mais leur finalité et leur approche sont radicalement différentes. Le premier est un outil d'orientation centré sur la carrière, tandis que la seconde est une démarche de soin psychologique. Comprendre cette distinction est essentiel pour choisir l'accompagnement le plus adapté à sa situation personnelle et à ses besoins.
Qu'est-ce qu'un bilan de compétences ? Définition et cadre
Le bilan de compétences est une démarche structurée qui permet à une personne de faire le point sur ses compétences professionnelles et personnelles, ainsi que sur ses aptitudes et ses motivations. L'objectif final est de définir un projet professionnel cohérent ou, le cas échéant, un projet de formation. Encadré par le Code du travail, il est décrit comme une action permettant "d'analyser ses compétences professionnelles et personnelles ainsi que ses aptitudes et ses motivations afin de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation" (Article L6313-4). Il est donc résolument tourné vers l'avenir et le domaine professionnel.
Les trois phases du bilan de compétences
Conformément à la réglementation, le bilan se déroule en trois phases distinctes :
- Une phase préliminaire : pour analyser la demande, déterminer le format le plus adapté et s'engager mutuellement dans la démarche.
- Une phase d'investigation : pour identifier les compétences, les motivations, les intérêts professionnels et personnels, et explorer des pistes d'évolution.
- Une phase de conclusion : pour synthétiser les résultats, définir un plan d'action concret et recevoir un document de synthèse personnel.
La thérapie : un espace de soin psychologique
La thérapie, ou psychothérapie, est un processus d'accompagnement mené par un professionnel de la santé mentale (psychologue, psychothérapeute, psychiatre). Son objectif est de traiter une souffrance psychique, des troubles du comportement, des difficultés relationnelles ou des symptômes invalidants (anxiété, dépression, etc.). Elle se concentre sur l'exploration des pensées, des émotions et des comportements, souvent en lien avec l'histoire personnelle du patient. La finalité est le mieux-être, la résolution de conflits internes et l'amélioration de la santé psychologique globale.
Les 4 différences fondamentales entre bilan et thérapie
1. L'objectif principal : Projet professionnel contre Soin psychique
La distinction la plus nette réside dans la finalité. Le bilan de compétences a un but opérationnel : construire un projet professionnel. La thérapie a un but curatif ou de soutien : soigner une blessure ou une difficulté psychologique. Le premier aboutit à un plan d'action pour sa carrière, la seconde à un apaisement et une meilleure compréhension de soi.
2. L'intervenant : Consultant en évolution professionnelle contre Professionnel de santé
Le bilan est mené par un consultant ou un conseiller, expert du marché du travail, des métiers et des dispositifs de formation. Il n'est pas un professionnel de santé. La thérapie, elle, est l'apanage de professionnels formés à la psychologie clinique et à la psychopathologie, soumis à un code de déontologie strict et souvent au secret médical.
3. La méthodologie : Outils d'orientation contre Approches cliniques
Un consultant en bilan de compétences utilise des outils spécifiques : tests d'orientation (MBTI, Strong, etc.), questionnaires d'intérêts, enquêtes-métiers, analyse du parcours... La démarche est structurée et vise à collecter des informations factuelles pour éclairer une décision de carrière. Un thérapeute emploie des techniques cliniques basées sur l'écoute, l'analyse, la parole (psychanalyse, TCC, systémie...), adaptées à la problématique du patient.
4. Le cadre : Durée définie contre Processus ouvert
Le bilan de compétences est limité dans le temps, sa durée maximale légale étant de 24 heures, généralement réparties sur plusieurs semaines. Il se conclut par la remise d'un document de synthèse. Une thérapie a une durée très variable, pouvant aller de quelques séances à plusieurs années, et ne se termine pas nécessairement par un livrable concret, mais plutôt par l'atteinte des objectifs de mieux-être fixés avec le patient.
Quand la frontière semble floue : le cas du mal-être au travail
La confusion entre les deux approches naît souvent d'un mal-être professionnel (burn-out, bore-out, perte de sens). Une situation professionnelle difficile peut en effet générer une grande souffrance psychologique. Dans ce cas, les démarches peuvent être complémentaires. Cette situation de souffrance peut parfois mener à une interruption de l'activité. Il est alors légitime de se demander si l'on peut engager une telle démarche durant un arrêt maladie. De plus, il est essentiel de se renseigner sur les modalités pratiques, notamment s'il faut obtenir l'accord de son médecin pour un bilan. La thérapie aidera à traiter les symptômes (stress, anxiété) et à comprendre les causes profondes du mal-être, tandis que le bilan de compétences offrira des solutions concrètes pour changer de voie professionnelle et construire un avenir plus épanouissant.
Bilan ou thérapie : choisir la bonne démarche pour soi
Pour s'orienter, il convient de s'interroger sur la nature de sa difficulté principale. La question est-elle "Que puis-je faire de ma vie professionnelle ?" ou "Pourquoi est-ce que je me sens si mal ?". La première appelle une réflexion professionnelle (bilan), la seconde un soin thérapeutique. Il n'y a pas de hiérarchie entre les deux, simplement des objectifs distincts. Reconnaître la nature de son besoin est la première étape vers la bonne solution.