Après plusieurs années dans le secteur exigeant du retail, de nombreux cadres et employés envisagent une reconversion offrant plus d'autonomie. Se lancer en franchise apparaît comme une voie privilégiée, combinant entrepreneuriat et cadre sécurisant. Un bilan de compétences constitue le socle de cette transition, permettant de valider l'adéquation entre le profil, les compétences acquises et les exigences du statut de franchisé. Cet article détaille le processus, des compétences à valoriser aux étapes clés pour concrétiser ce projet.
Pourquoi le bilan de compétences est-il une étape clé ?
Le secteur du retail, connu pour son rythme soutenu et ses fortes exigences, pousse de nombreux professionnels à questionner leur avenir. Le bilan de compétences intervient comme un outil structurant pour faire le point. Il ne s'agit pas seulement de lister ses savoir-faire, mais d'analyser ses aspirations profondes, sa capacité à prendre des risques et son aptitude à devenir chef d'entreprise. Pour les cadres issus de la grande distribution, ce processus permet de prendre du recul sur une carrière intense et de formaliser un projet entrepreneurial réfléchi, en s'assurant qu'il correspond à un véritable choix de vie.
Identifier et valoriser ses compétences transférables
L'expérience dans le retail est une véritable mine d'or pour un futur franchisé. Le bilan de compétences aide à prendre conscience de ces atouts et à les articuler dans un business plan. Parmi les compétences les plus recherchées par les réseaux de franchise, on retrouve :
- La gestion commerciale : piloter un compte d'exploitation, suivre les indicateurs de performance (KPIs), gérer les stocks.
- Le management d'équipe : recruter, former, motiver et encadrer des collaborateurs.
- La relation client : maîtriser les techniques de vente, fidéliser la clientèle et gérer les litiges.
- La rigueur opérationnelle : garantir le respect des standards d'un concept et la bonne tenue d'un point de vente.
Les étapes pour devenir franchisé après un bilan de compétences
Une fois le projet validé par le bilan, la phase opérationnelle peut commencer. Elle demande méthode et rigueur.
1. Choisir le bon secteur et le bon réseau
Le choix du secteur est crucial. Si certains souhaitent rester dans le retail, d'autres explorent comment transférer leurs compétences vers des domaines connexes comme la logistique. D'autres encore cherchent à changer de métier pour un meilleur équilibre de vie, un facteur que la franchise peut parfois offrir. Il est essentiel d'étudier les différents réseaux via des plateformes comme l'Observatoire de la Franchise ou la Fédération Française de la Franchise (FFF). L'analyse du Document d'Information Précontractuel (DIP) est une étape légale et non négociable, qui fournit des informations complètes sur le franchiseur, le réseau et les termes du contrat.
2. Monter un business plan solide
Le business plan est le document qui va convaincre les partenaires financiers. Il doit détailler l'étude de marché locale, les prévisions financières (chiffre d'affaires, charges, rentabilité) et la stratégie de développement. Il chiffre précisément les besoins de financement :
- Le droit d'entrée : somme versée au franchiseur pour intégrer le réseau.
- Les investissements initiaux : aménagement du local, achat du stock de départ, matériel.
- Le besoin en fonds de roulement (BFR) : trésorerie nécessaire pour couvrir les premières dépenses avant que l'activité ne soit rentable.
3. Sécuriser le financement
L'apport personnel constitue généralement entre 20% et 30% de l'investissement total. Le reste est souvent financé par un prêt bancaire. Des organismes comme BPIFrance Création peuvent apporter des garanties et faciliter l'obtention de prêts. Il est recommandé de présenter son dossier à plusieurs établissements bancaires pour comparer les offres.
Points de vigilance avant de s'engager
Se lancer en franchise réduit les risques liés à la création d'entreprise mais n'est pas une garantie de succès. Il est primordial de lire attentivement chaque clause du contrat de franchise, idéalement avec l'aide d'un avocat spécialisé. Échanger avec d'autres franchisés du réseau est également une source d'informations précieuse et honnête sur le quotidien, la rentabilité réelle et la qualité de l'accompagnement du franchiseur. Enfin, il faut être conscient que devenir son propre patron implique une charge de travail souvent plus importante qu'en tant que salarié, surtout les premières années.